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09.01.2008

Arbres dans la nuit et le jour

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Candélabres de la noirceur,
Hauts-commissaires des ténèbres,
Malgré votre grandeur funèbre
Arbres, mes frères et sœurs,
Nous sommes de même famille,
L'étrangeté se pousse en nous
Jusqu'aux veinules, aux ramilles,
Et nous comble de bout en bout.

A vous la sève, à moi le sang,
A vous la force, à moi l'accent
Mais nuit et jour nous ressemblant,
Régis par le suc du mystère,
Offerts à la mort, au tonnerre,
Vivant grand et petitement,
L'infini qui nous désaltère
Nous fait un même firmament.

Nos racines sont souterraines,
Notre front dans le ciel se perd
Mais, tronc de bois ou cœur de chair,
Nous n'avançons que dans nous-mêmes.
L'angoisse nourrit notre histoire
Et c'est un même bûcheron
Qui, nous couchant de notre long,
Viendra nous couper la mémoire.

Jules Supervielle

J'inaugure un nouvel album de photos moins citadines, encore qu'on trouve également des arbres en ville, en cherchant bien, avec ce poème appris pendant mes années lycéennes. J'avais alors déjà beaucoup apprécié ce texte et si ma mémoire ne m'en ressort que quelques fragments, en le relisant je reste toujours songeuse. Je ressens moi même cette fraternité avec la nature.

Et comme je suis incapable de rien écrire de mieux sur le sujet, je le mets tel quel en hommage à son auteur pour commencer cette nouvelle année qui s'annonce riche en combats de toutes sortes (préparez vos baskets, on va marcher au printemps).

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